Monétisation de la 5ème semaine de congés payés : pour l’UNSA, c’est toujours NON !

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Abandonnée l’été dernier, une proposition de loi visant à monétiser sa 5ème semaine de congés payés pour « renforcer le pouvoir d’achat » fait son retour à l’initiative du député Eric Pauget (LR). Pour l’UNSA, la réponse est toujours la même. C’est clairement NON !

Au concours Lépine des idées simplistes pour renforcer le pouvoir d’achat, revoilà celle consistant à offrir la possibilité de monétiser sa 5ème semaine de congés. Prétexte avancé : tout le monde ne fait pas valoir l’intégralité de ses droits à congés.

Pour l’UNSA, remettre en cause la 5e semaine de congés payés et encourager le renoncement à du temps de repos n’est pas une bonne solution. Il faut plutôt augmenter les salaires et revaloriser le point dans la fonction publique, renforcer les négociations salariales de branche et lutter contre la précarité de l’emploi en limitant les contrats courts et le temps partiel subi, qui pénalisent les plus fragiles.

Comme le montre notre indice UNSA du moral des salariés de novembre dernier, 39 % des répondants déclarent que leur reste à vivre ne couvre plus leurs besoins essentiels, comme l’alimentation et les transports. Cette proportion atteint 47 % chez les femmes. Par ailleurs, 59 % des interrogés indiquent que leur revenu est épuisé avant le 20 du mois, dont 70 % des femmes.

Cette proposition de loi – si elle devait être débattue à l’Assemblée nationale – fait l’impasse sur la dégradation des conditions de travail et de la santé mentale auxquelles les travailleurs sont exposés. Pourtant, leurs conséquences sur la santé, le système de protection sociale et la performance des entreprises et des administrations sont largement documentées. Or l’absence de repos et de temps de déconnexion avec le travail ajoutent à cette dégradation.

« Travailler plus pour gagner plus » ne semble pas être une aspiration pour les salariés et les agents. Selon une étude récente, 1 travailleur sur 5 ne prendrait pas la totalité de ses congés. Non pas par souhait de travailler plus, mais parce que 3 sur 5 estiment qu’il n’est pas évident de les poser librement. Ce phénomène est accru chez les jeunes embauchés, pour qui ce problème est dénoncé à 45%.

Plus inquiétant, 11% des interrogés rappellent que les responsabilités qu’ils assument compliquent leur absence et 10% indiquent ne pouvoir se faire remplacer. Pour l’UNSA, ces données doivent interroger les responsables politiques quant aux leviers à mobiliser pour améliorer les organisations du travail et les conditions dans lequel celui-ci est vécu.

Interpellé récemment sur la question, le ministre du Travail répondait : « Dès qu’on touche au Code du travail, il faut mettre les partenaires sociaux autour de la table ». Si l’UNSA salue cet engagement et reste fortement attachée à ce principe, elle rappelle sa claire opposition à tout recul de l’acquis social que sont les 5 semaines de congés payés.